Mon Chemin
On ne meurt pas d'une
Overdose de rêves...
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Si tu peux rester calme alors que, sur ta route,
Un chacun perd la tête, et met le blâme en toi;
Si tu gardes confiance alors que chacun doute,
Mais sans leur en vouloir de leur manque de foi;
Si l'attente, pour toi, ne cause trop grand-peine:
Si, entendant mentir, toi-même tu ne mens,
Ou si, étant haï, tu ignores la haine,
Sans avoir l'air trop bon, ni parler trop sagement;
Si tu rêves, - sans faire des rêves ton pilastre;
Si tu penses, - sans faire de penser toute leçon;
Si tu sais rencontrer Triomphe ou bien Désastre,
Et traiter ces trompeurs de la même façon;
Si tu peux supporter tes vérités bien nettes
Tordues par les coquins pour mieux duper les sots,
Ou voir tout ce qui fut ton but brisé en miettes,
Et te baisser, pour prendre et trier les morceaux;
Si tu peux faire un tas de tous tes gains suprêmes
Et le risquer à pile ou face, - en un seul coup -
Et perdre - et repartir comme à tes débuts mêmes,
Sans murmurer un mot de ta perte au va-tout;
Si tu forces ton coeur, tes nerfs, et ton jarret
A servir à tes fins malgré leur abandon,
Et que tu tiennes bon quand tout vient à l'arrêt,
Hormis la Volonté qui ordonne : Tiens bon !
Si tu vas dans la foule sans orgueil à tout rompre,
Ou frayes avec les rois sans te croire un héros;
Si l'ami ni l'ennemi ne peuvent te corrompre;
Si tout homme, pour toi, compte, mais nul par trop;
Si tu sais bien remplir chaque minute implacable
De soixante secondes de chemins accomplis,
A toi sera la Terre et son bien délectable,
Et, - bien mieux - tu seras un Homme, mon fils.
R. Kipling.
Lorsque le papillon regarda l’étoile, il lui dit quelque chose qui ressemblait à cela :
« Parfois, on désirerait être un ange, simplement pour envelopper de nos ailes ceux qui souffrent de trop.
Sait-on jamais quand commence l'inexprimable, l'inhumain jamais envisagé. Le souffle qui se dérobe alors que vous l'implorez de s'immiscer encore un peu en vous?
Sait-on jamais à quel moment débute l'irrésistible envie de goûter encore un instant les senteurs de l'air ambiant?
Les heures sont lourdes pendues une à une au fil limpide et trop fragile de l’existence.
L’air est déjà humide des larmes qui inondent les visages tant aimés…
Que cette journée d’été est triste pour les miens….
Accroches-toi encore un peu si tu le peux…
Mes prières convergent vers toi, vers ceux qui te sont chers et vers le Tout Puissant qui reste mon unique raison d’espérer…que demain encore, nous rirons et pleurerons à la même table…près de ceux que tu aimes….
En fait, je ne connais pas grand-chose de l’espoir, de la beauté de l’instant, du souffle vital qui nous permet d’avancer. Peut être le comprenons nous vraiment qu’une fois la douleur si vive, que nous ne pouvons plus avancer, nous le désirons, mais la force est absente de notre corps, notre esprit dévasté par une Folie toute humaine.
Que ces mots me paraissent fades…que….enfin.
Je pense à toi….d’où je suis.
A demain...
Ta nièce… »
L’étoile, alors, énonça ces quelques mots qu’elle avait appris il y a peu, dans un ouvrage de Bobin :
« Il est impossible de protéger du malheur ceux qu'on aime: j'aurai mis longtemps pour apprendre une chose aussi simple. Apprendre est toujours amer, toujours à nos dépens ».
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